cinématographie

des concepts

 

S  u z  a  n n  e    L  i  a  n  d  r  a  t - G  u  i  g  u  e  s 

L  E   M  O  U  V  E  M  E  N T  D  E  S   C O  N  C  E  P  T S

 

 

 

La question du rapport entre le mouvement qui s'est introduit dans l'image à la fin du XIXe siècle (avec l'apparition du cinématographe, notamment) et un certain nombre de concepts particulièrement opératoires pour comprendre la sensibilité contemporaine (flânerie, flux, modulation, forme-bal(l)ade, mouvement de monde, etc.) est au coeur de ce volume. Gilles Deleuze révèle que "l'introduction du mouvement dans le concept se fait exactement à la même époque que l'introduction du mouvement dans l'image" (Pourparlers).

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Loin de renchérir sur les lieux communs concernant l'époque contemporaine (qui ne cesserait de changer, machines et images confondues), cet ensemble de réflexions est pénétré de la conviction que le mouvement a pour site la pensée.

 

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Nombre de philosophes on conféré à la pensée les allures les plus diverses, depuis Nietszche usant de la métaphore de la danse à la formule de Deleuze et Guattari déclarant que "le problème de la pensée c'est la vitesse infinie" (Qu'est-ce que la philosophie ?) quand il ne s'agit pas de fulgurations ou d' "éclairs de pensée". Autant de conceptions qui insistent à leur manière sur la pensée comme devenir ou comme puissance. On pourra vérifier dans les textes qui suivent que les concepts retenus, pris dans leur mouvement propre et en regard du mouvement qu'ils désignent dans leur appelation, visent principalement à réfuter la catégorie de l'identité et de ses avatars (la ressemblance, l'immuable ou le même, l'actuel), au profit d'un virtuel, d'un vertige, d'une non-effectivité, d'un passage.